À l’heure de la remontée brutale de toutes les formes de « nationalités », où les nouveaux États partent à la recherche de leur « sentiment national » et où les vieux États-nations connaissent des flambées de nationalisme, on ne peut être que reconnaissant à Eric Hobsbawm de nous faire comprendre notre siècle à la lumière du siècle dernier.
L’historien s’attache avant tout à cerner d’un regard neuf les tribulations du concept, étant entendu qu’elles ne relèvent pas du ciel des idées mais s’enracinent dans une multitude de « nationalismes » historiques, sociaux, locaux, où la part du mythe se noue inextricablement à celle des réalités. C’est une histoire pleine de bruit, de fureur et de sang, mais dont l’apogée – c’est une des originalités du livre que de le soutenir – est peut-être déjà dépassé.