Dans « Les luttes et les rêves », livre III des Contemplations qui condense toute sa « pensée poético-sociale », Victor Hugo s'insurge contre les formes terrestres du mal : le travail des enfants et la peine de mort, les misères et les injustices. Hanté par la perte de sa fille Léopoldine et l'épreuve de l 'exil dont son existence est frappée, il « intègre au champ d'attraction de la poésie tout ce contre quoi il importe de lutter, tout ce à partir de quoi aussi, en vue d'un autre monde, il est licite de rêver »
(Henri Scepi).
« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? / Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ? / Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ? / Ils s'en vont travailler quinze heures sous les meules... »