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Martin Zeller et Vincent Caut

À l'occasion de la parution de leur nouvel album pour les 3-6 ans, «Pablo et le trésor du crabe borgne» (Hors série Giboulées), Martin Zeller et Vincent Caut nous présentent la genèse et l'esprit de leur série, des aventures pour apprendre à dessiner ! Des exemplaires sont à gagner : inscrivez-vous vite au tirage au sort!



Au sommaire : l'interview - la série - le tirage au sort

L'interview de Martin Zeller et Vincent Caut

Pouvez-vous nous raconter la genèse de votre collaboration ? Comment est né le personnage de Pablo ? Son prénom est-il un hommage à Picasso ?

Martin Zeller : C’est un livre entier qu’il faudrait pour répondre à cette question ! Vincent et moi avions travaillé ensemble dans une autre vie (il dessine des bandes dessinées, j’en édite). Il savait que j’écrivais des histoires pour les petits… Et un beau jour de 2013, il m’a proposé de composer un récit autour de l’univers graphique qu’il était en train de concevoir. À l’époque, il avait un personnage qui s’appelait «Professeur Le Carré», une sorte de savant fou qui était déjà accompagné d’un robot rigolo. Pour moi, ce dessin de Vincent est tout simplement génial, alors j’ai tout de suite dit oui. Ensuite, nous avons travaillé pendant plus d’un an et demi à développer un univers cohérent et le plus sympathique possible. C’est Vincent qui dessine et moi qui rédige les textes, mais absolument chaque détail a été travaillé de concert : les personnages et leur apparence, les sujets, la gamme colorée que nous avons volontairement réduite, les intrigues, le choix des mots, et bien sûr les émotions que nous essayons de faire partager dans chaque livre.
Nous avons essayé de proposer un personnage avec un nom et un physique en lesquels des enfants d’origines très différentes pourraient se reconnaître. Pablo est un prénom qu’on peut rencontrer partout en Europe et dans beaucoup d’autres régions du monde. Et puis, un personnage qui est capable de tout dessiner avec des cubes… c’était tentant !

Vincent Caut : Pablo, c'est bien sûr un clin d’œil à Picasso ! Notre série tourne autour du dessin, de la construction d'images et des couleurs, le tout dans un univers où tout est composé de formes géométriques. Le rapprochement avec l'un des inventeurs du cubisme était tentant en effet !

Pablo évolue dans un univers graphique familier aux élèves de maternelle : quadrillage des cahiers de dessin ; utilisation des traits droits, des traits penchés, des gribouillis ... Comment vous est venu cette brillante idée ?

Vincent Caut : À l'origine, l'univers graphique dans lequel évolue Pablo n'était pas censé se retrouver dans un livre ! J'avais mis au point un petit jeu à contrainte pour m'exercer au dessin : utiliser le papier quadrillé de vieux cahiers d'écoles pour construire des images. Dans chaque carreau, un trait droit, un trait penché, un trait arrondi ou un petit rond. Ces formes géométriques ultra-simples devaient, mises les unes à côté des autres, former des animaux, plantes, personnages, etc.
Une jeune lectrice venue me voir en dédicace est tombée sur un de ces cahiers d'écoles qui traînait sur la table et ça l'a beaucoup amusée ! Nous avons joué ensemble à dessiner en utilisant ma technique. J'ai alors compris que composer mes images en m'appuyant sur une grille permettait aux enfants de les reproduire facilement, carreau par carreau, et que c'était pour eux une expérience très ludique. C'est comme un jeu de construction !

Les rimes sont très présentes. Dessin et poésie vous ont-ils semblé aller de pair ? Et qui est du reste le mystérieux « Arthur R. » à qui l’album Pablo et la maison du caméléon est notamment dédicacé ?

Martin Zeller : Plus que la rime, c’est le rythme, le flot, qui nous importe. Les versions initiales des textes sont toujours beaucoup plus rimées que les finales. Puis le travail aidant (et aussi parce que Vincent est un relecteur impitoyable !), on sabre, on réduit, on allège. En revanche, je compte et recompte sur mes doigts le nombre de pieds de chaque phrase. Pour moi, la lecture à voix haute est essentielle et la scansion d’un texte une manière de transmettre des intentions au lecteur, à celui qui verbalise. Nous faisons également très attention aux retours à la ligne et au positionnement des textes dans l’image. Tout est rythme dans les aventures de Pablo !
Arthur R., c’est mon filleul. J’avais dédicacé le premier album à mon fils, qui venait de naître. Quand le second a paru, j’ai naturellement pensé à Arthur. Puis j’ai une fille qui est née au moment du troisième et j’ai eu le plaisir qu’on me propose d’être à nouveau parrain quand on travaillait sur Pablo et le trésor du crabe borgne. Il faut qu’on fasse attention à ne pas faire trop d’albums sinon je vais finir avec une famille très nombreuse !
Bref, rien à voir. Pourtant je dois avouer une passion coupable tant pour «Ma Bohème» que pour «Le Bateau ivre».

Pablo est un personnage qui lutte contre l’exclusion et s’affiche comme un défenseur de la cause animale. Ce sont des thèmes qui vous sont chers ?

Martin Zeller : Pablo est un enfant de son époque. C’est avant tout quelqu’un de gentil. Alors gentil envers les autres, les animaux ou la plus petite fourmi, c’est d’abord un état d’esprit. Je crois que ça nous correspond bien à Vincent et moi.

Avez-vous quelques idées d’activités qui puissent être élaborées à partir de vos albums ?

Martin Zeller : Des tonnes ! Blague à part, Vincent intervient régulièrement dans les écoles avec Pablo. Quant à moi, j’ai plusieurs ami(e)s professeur(e)s des écoles en maternelle et CP/CE1 qui utilisent Pablo pour amener les enfants à comprendre la construction d’une image. Une copine m’a même envoyé un projet de leçon complète.

Vincent Caut : L'univers de Pablo est à la base pensé comme un jeu de construction autour du dessin. Dans les ateliers que je mène auprès des classes, nous jouons à reproduire carreau par carreau, sur du papier quadrillé, des éléments des personnages et détails piochés dans les livres. Le plus difficile est de bien se repérer dans l'espace que forme la grille, et de penser chaque figure comme un ensemble de petites formes géométriques simples.
Une fois que tout le monde a compris la technique et s'est un peu exercé, chaque enfant peut imaginer de nouveaux décors et personnages pour enrichir l'univers.
Un simple cahier et quelques feutres suffisent !

Trois albums ont déjà paru chez Giboulées. Un quatrième vient de paraître, Pablo et le trésor du crabe borgne. Quelles sont les prochaines aventures du jeune héros ?

Martin Zeller : Nous aimerions emmener Trobo et Pablo dans un univers scolaire ou au cœur d’un ordinateur. Et moi je rêve de voir des créatures énormes ou des dinosaures dessinées par Vincent !
Mais surtout, on voudrait développer des cahiers d’activités pour apprendre à dessiner dans les petits carreaux !

Propos recueillis par Élise Frémiot, enseignante.

La série : des aventures pour apprendre à dessiner !

 

Pablo et le trésor du crabe borgne

Le crabe borgne sort du sable :
- Regardez la machine que j'ai trouvée !
- Mon vieux pirate, ton étrange appareil mène forcément à un trésor caché ! Et Pablo enfonce le bouton rouge...
Quelle horreur. C'est un déformateur !

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Pablo et les œufs multicolores

Près de la ferme aux images, à l'élevage en batterie, les poules ne pondent que des œufs gris...
- C'est vraiment trop bizarre. Il faut qu'on aille voir.

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Pablo et la maison du caméléon

— Moi, c'est Sacha, dit le caméléon. Je ne trouve plus ma maison.
— Je sais où t'emmener ! le rassure Pablo. Il nous faut juste quelques traits...
... et un peu de couleurs.

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Pablo et le Grand Vilain Gribouillis

Au pays des petits carreaux, tout était bien dessiné. Et puis, il est arrivé...
Le grand vilain Gribouillis laisse derrière lui un immense fouillis.

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Le tirage au sort

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