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Romain Gary

Romain Gary

«Le roman et la vie se confondent, ma vie est une Narration tantôt vécue tantôt imaginée et si un journal américain m'a donné le nom de "collectionneur d'âmes", c'est que je ne cesse de faire mon plein de je innombrables, par tous les pores de ma peau...» Romain Gary

A l'occasion du centenaire de la naissance de Romain Gary, découvrez ce nouveau dossier composé d'une biographie de l'auteur, de la présentation des ouvrages recommandés pour les classes de Première et d'un accompagnement pédagogique.

Au sommaire : biographieœuvres recommandées pour la 1reaccompagnement pédagogique

Biographie : une existence romanesque

Enfance et adolescence

La vie de Romain Gary est un récit d’aventures, un parcours à travers l’espace et le temps, une vie pleine de rebondissements, de succès et de déconvenues. Romain Kacew est né à Vilnius en 1914. Sa mère Nina, actrice russe, l’élève seule. Le quotidien de la famille est difficile. L’argent manque souvent. Mais la mère de Romain Kacew ne baisse les bras et fait tout pour emmener son fils en France afin de lui offrir une vie meilleure. Une fois installés en France, la mère et le fils accèdent à une existence plus stable. Ils vivent sur la Côte d’Azur, à Nice, où Nina devient gérante de l’hôtel Mermonts. Nina est convaincue que son fils aura un avenir brillant et elle est prête à tous les sacrifices pour lui. Élève au lycée de Nice, Romain Gary se distingue surtout en français. Après son baccalauréat, il poursuit des études de droit à Paris, mais il est davantage tenté par la littérature. Il publie ainsi plusieurs nouvelles dans la revue Gringoire.

L’aviateur

Peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le jeune homme intègre l’armée. Il rêve de devenir pilote. Il est doué et fait ses preuves. Pourtant, il ne devient pas officier, sans doute en raison de ses origines juives. Il sera caporal. Lorsque la guerre éclate, Romain Gary est mobilisé et rejoint alors les Forces aériennes libres. Il séjourne en Afrique et au Proche-Orient. Il fait partie de l’escadrille Lorraine et mène à bien de nombreuses missions périlleuses. C’est à cette époque que l’auteur adopte son pseudonyme : Gary. L’écrivain parvient à rédiger Éducation européenne pendant cette période tourmentée. A la fin de la guerre, il est décoré de la croix de la Libération par décret de celui qu’il admire : le général de Gaulle. La mère de l’écrivain est décédée pendant la guerre sans que Romain Gary puisse assister à ses funérailles. Éducation européenne est publiée en 1945.

Le brillant diplomate

En 1944, Romain Gary épouse Lesley Blanch, une jeune femme charismatique et brillante. Il entame alors une nouvelle carrière. L’entrée dans la diplomatie marque un tournant dans sa vie. Il devient tout d’abord secrétaire d’ambassade en octobre 1945, alors qu'il n'a que 31 ans. Son premier poste est à Sofia, en Bulgarie. L’auteur aurait préféré Londres, mais son jeune âge a rendu impossible l’obtention de ce poste prestigieux. A Sofia, Romain Gary ne passe pas inaperçu et s’impose rapidement parmi l’intelligentsia bulgare. Il est aux premières loges lorsque la domination soviétique s’impose sur le pays. C’est au cours de cette période qu’il rédige Tulipe, l’histoire d’un militant antinazi. Après un bref intermède parisien au cours duquel il écrit Le Grand Vestiaire, Romain Gary souhaite à nouveau occuper un poste à l’étranger. Ce sera Berne. La déception est immense, l’ennui omniprésent. Romain Gary fait tout pour obtenir une autre affectation. Le quai d’Orsay l’envoie à l’ONU en tant qu’attaché de presse et l’auteur s’épanouit dans cette défense quotidienne de la liberté. Il rédige alors Les Couleurs du jour. Puis il part en Bolivie, où il apprend que le Goncourt lui est décerné pour Les Racines du ciel, un roman qui plonge le lecteur dans la nature africaine mise en danger par l’homme. L’auteur est ensuite promu consul à Los Angeles. C’est là qu’il entame la rédaction de La Promesse de l’aube. En 1959, il rencontre l'actrice Jean Seberg et abandonne bientôt la diplomatie au profit de l’écriture.

L’écrivain et son double

Dans les années 70, Romain Gary invente un auteur Émile Ajar afin de contourner le dénigrement journalistique dont il est victime, et la lassitude de l’écrivain déjà reconnu qui n’a plus rien à prouver. Émile Ajar est une renaissance, un nouveau défi pour l’aventurier qui sommeille en lui. Il rédige tout d’abord Gros-Câlin, qui sera publié en 1974. Les critiques de l’époque louent ce premier ouvrage d’un écrivain mystérieux et essayent en vain de percer l’énigme. Plusieurs pistes sont évoquées, mais le nom de Romain Gary n’apparaît jamais. En parallèle, Romain Gary continue d’écrire sous son vrai nom. Il publie Au-delà de cette limite, votre ticket n'est plus valide, récit qui laisse apparaître l’angoisse de l’auteur vieillissant. Émile Ajar écrit La Tendresse des pierres, qui s’intitulera finalement La Vie devant soi. Le subterfuge de Romain Gary prend une nouvelle tournure lorsqu’il demande à son neveu Paul d’incarner l’écrivain. La Vie devant soi reçoit le prix Goncourt en 1975. La presse de l’époque parvient à démasquer le neveu de Romain Gary. Mais ce dernier continue à nier et maintient que c’est bien son neveu qui a rédigé les œuvres d’Émile Ajar. Romain Gary publie Clair de femme. On l’accuse alors de chercher à copier le style de son neveu. Séparé depuis plusieurs années de Jean Seberg, l’écrivain est marqué par la mort de la jeune femme en 1979 dans des circonstances étranges. La tristesse l’accable et ne le quittera plus. Au début de l’année 1980, l’auteur publie son dernier roman, Les Cerfs-volants, qui relate les aventures d’un jeune normand pendant la Seconde Guerre mondiale. Romain Gary se suicide à Paris le 2 décembre 1980. Une publication posthume, Vie et mort d’Émile Ajar, que l’auteur avait rédigée en 1979, lèvera définitivement le voile sur l’énigme Émile Ajar.

Œuvres recommandées pour la Première

 

Éducation européenne (Folioplus)

Ce premier roman de Romain Gary retrace les aventures de Janek, un adolescent polonais, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le jeune homme se cache sous terre, dans la forêt, comme d’autres résistants polonais. Janek est le premier héros de Romain Gary. On peut retrouver dans la personnalité de ce jeune homme une vision quelque peu désabusée du monde, qui est déjà propre à l’écrivain. Les élèves de première pourront aborder ce récit dans le cadre de l’objet d’étude «Le personnage de roman».

En savoir plus - Existe aussi dans la collection Foliothèque

     

 

Les Racines du ciel (Folio)

Ce récit relate un combat immense, celui de Morel, un homme insignifiant qui lutte contre l’action dévastatrice de l’homme sur les éléphants d’Afrique. La voix de Morel ne dirige pas le roman, ce sont les autres personnages croisant son chemin qui brossent le portrait de ce héros atypique. Cet ouvrage peut être étudié en classe de première dans le cadre de l’objet d’étude «Le personnage de roman». L’analyse de ce texte permet de s’interroger sur la définition du héros et sur la perception polyphonique du protagoniste.

En savoir plus - Existe aussi dans la collection Foliothèque

     

 

La Vie devant soi (Folio)

Publié sous le pseudonyme d’Émile Ajar, ce récit a pour narrateur le petit Momo, un gamin en pension chez Mme Rosa. Momo raconte son quotidien, les problèmes d’argent, sa vie dans les rues de Paris et le lien étrange qui l’unit pour toujours à Mme Rosa. Les élèves de première pourront analyser les spécificités de ce roman et des personnages qui le composent. La narration est pour le moins atypique, et l’héroïsme traditionnel est totalement bouleversé dans ce récit qui ne peut laisser indifférent.

En savoir plus - Existe aussi dans les collections Classico Lycée et Foliothèque

Accompagnement pédagogique

Téléchargez les activités et les corrigés: deux activités de lecture analytique, l'une sur Les Racines du ciel (collection Folio), l'autre sur La Vie devant soi (collection Folio), dans le cadre de l'objet d'étude «Le personnage de roman», ainsi qu'un exercice d'écriture d'invention.